Mwezi WaQ. sur les routes

Le groupe comorien repart sur les routes en ce mois de janvier 2016. Au programme : la France et la Martinique. Avec cette même passion pour une musique parlant d’humanité et d’espérance.

Des sujets qui sont plus que jamais d’actu dans un monde détraqué, où la survie se joue bien souvent dans le rejet et la haine de l’Autre. Mwezi WaQ. est une empreinte lunaire, parsemée de rêves et d’envies. Mains tendues et discours de partage. Fondé à la suite d’un disque paru chez Buda Musique à Paris, il y a trois ans, le groupe poursuit sa quête, après son apparition aux 32èmes Francos, à Limoges, l’an dernier. Il sera sur la scène du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, en région parisienne, le 25 janvier 2016, sur celle de l’Atrium (Tropiques), scène nationale, à Fort de France, en Martinique, le 30 janvier 2016, ainsi que sur celle de l’Espace culturel de Bois Fleuri à Lormont, le 25 mars 2016. La date du TGP (Seine Saint-Denis) répond à une invitation de la librairie Folies d’Encre, dans le cadre d’une résidence accordée à Soeuf Elbadawi, auteur et membre fondateur de Mwezi WaQ, par la région Ile de France dans la cité dynonisienne.

MWEZI WAQ_CP1

Un même principe de groove acoustique sur scène. Guitares, basse, percus et voix. Porté en lumières par Isabelle Picard et Frédérique Steiner-Sarrieux, au son par Sam Kanane, le spectacle raconte l’histoire d’un pays, où le principe d’humanité n’est pas chose acquise à la naissance, mais plutôt un projet à construire avec le temps, et des actes. « Tout réside dans notre capacité à faire lien avec ceux qui nous entourent » explique un membre du groupe. Une fiction douce, inspirée des traditions comoriennes, au sein de laquelle il est permis de cultiver le sentiment d’espérance. « Nous venons d’un pays qui aspire à retrouver une place au monde, en misant sur la nécessité d’aller vers l’Autre, le voisin, le semblable. Une histoire que nous essayons de prolonger sur la scène avec nos chants ». Mwezi WaQ. appartient à l’imaginaire d’un pays déconstruit, où il est de plus en plus difficile de construire des univers de création sans s’épuiser.

Mwezi WaQ., le film.

« Il y a beaucoup d’artistes qui émergent sur la scène comorienne. Mais les histoires de groupe sont quasi impossibles à concevoir. Les gens pensent d’abord à leur petite gueule, avant de se rendre compte que la survie est un drame qui se joue à plusieurs. Rares sont ceux qui s’en sortent seuls. Mais le système se débrouille toujours pour nous faire croire qu’il faut tourner le dos au voisin » confie Soeuf Elbadawi, qui est à l’origine de la dynamique Mwezi WaQ. Une situation qui explique son besoin de fédérer et de prôner des valeurs de groupe. « Historiquement, les Comores sont une famille recomposée de peuples fracassés. La nécessité de l’Être-ensemble a permis l’émergence d’une humanité nouvelle. Savoir que sans l’Autre, rien n’est possible, amène à repenser le monde, en fonction du lien. Mwezi WaQ. est pareil. Ce qui nous rend peut-être plus forts devant les problèmes d’existence liés aux petits groupes sur les scènes du monde ».

Un extrait  de l’album.

Mwezi WaQ. en tournée, c’est aussi l’occasion de tracer de nouvelles perspectives. Il y a notamment le projet de plancher sur un nouvel opus dans quelques mois. Avec une volonté de revisiter l’histoire du folkomorocean, un mouvement initié par Abou Chihabi au milieu des années 197O. « Pour l’instant, nous nous concentrons sur l’aventure du premier album, que nous portons, depuis l’an dernier, sur scène. Il y a eu cette première tournée, dans le Limousin, à Paris, Arcueil. Dans deux semaines, on repart dans le Limousin. Ensuite, il y aura la région parisienne, puis la Martinique. Mais nous envisageons de commencer à explorer ce patrimoine folk dès que possible. Il s’agit de l’aventure musicale la plus aboutie des Comores durant les premières années de l’indépendance. Abou Chihabi a été le poète du peuple et de la révolution. S’y consacrer pour le prochain album sera une belle manière de prolonger notre projet de départ ».

M.

Clip de Undroni blues.

Article sur l’album Mwezi WaQ. sur RFI : Mwezi WaQ. ou la possibilité d’une musique comorienne.

Vous ouvrez commander l’album Mwezi WaQ. Chants de lune et d’espérance sur le site de Buda Musique.