Seda, Absoir et le pas de deux

Du 12 au 16 novembre 2011, le Muzdalifa House a accueilli « Un grand cimetière dans la mer… », une proposition faite par le plasticien Seda, avec la complicité du slameur Absoir. Proposition originale, faisant se côtoyer peintures, vidéo, performance et prières citoyennes, avec des échanges assidus entre artistes et publics, tous les soirs de la semaine. A l’époque, nous avions longuement conversé avec les porteurs du projet. Pour laisser une trace de leur passage dans le lieu.

ABSOIR Notre collaboration se fonde sur une tragédie, celle du Visa Balladur. Avant de dire que Mayotte est une île comorienne occupée illégalement par la France, il se pose cette question importante, celle des Comoriens qui meurent dans le bras de mer, séparant Anjouan et Mayotte, suite à la mise en place du Visa Balladur. Deux bonnes raisons qui font que tout comorien, artiste ou pas, se doit de poser cette question et d’impliquer tous les autres Comoriens, afin de les pousser à réagir eux aussi.

L’impact d’une vision d’artiste sur le réel aux Comores ?

SEDA En tant qu’artiste, je me sens libre de penser, de voir et de m’exprimer, j’ai aussi cette capacité de permettre aux autres d’avoir un regard nourri sur leur réalité et par rapport à leur avenir. L’artiste a cette capacité de détourner ses concitoyens du rapport quotidien au monde, sans pour autant leurs faire perdre le sens des réalités. L’artiste est aujourd’hui utilisé aux Comores par des politiciens pour leurs campagnes d’élections législatives ou présidentielles, on le voit aussi courir derrière des thèmes qui bénéficient de subventions de la part des ONG, il n’y a plus que l’argent qui l’intéresse, et pourtant  si l’artiste arrive à saisir le sens de ce pouvoir qu’il possède, il pourrait s’en servir pour apporter sa contribution dans la construction et le développement de sa nation. Car l’artiste peut contribuer, aujourd’hui, à l’édification de notre jugement, et rendre possible un nouveau rapport au monde. L’artiste doit nous dévoiler une vérité qui n’est pas celle de notre rapport quotidien à la réalité.

 

ABSOIR L’artiste est un leader d’opinion. En ce sens, son engagement dans la vie du Comorien est important. Toutefois, seuls quelques artistes se sentent concernés par les problèmes que traversent les Comoriens, au quotidien. Si les artistes considéraient les problèmes de leurs concitoyens comme étant les leurs, on aboutirait forcément à quelque chose d’intéressant. Cette exposition nous a permis de sensibiliser les artistes sur la question comorienne de Mayotte, en les invitant à échanger entre eux. C’est plutôt positif. Nous avons par la même occasion convié différentes couches de la société à venir converser sur la question  et on peut dire que les gens ne sont pas resté indifférents.

Pourquoi s’attaquer tous les deux à cette question au même moment ?

ABSOIR Il est indéniable que chacun de nous pourrait travailler seul sur le sujet, impliquer les citoyens et soulever un certain nombre de questions. Mais le fait de travailler ensemble montre aux autres qu’à deux, on est plus fort. Si on s’unissait pour travailler sans relâche sur cette question, on trouverait des réponses au problème. Peut-être pas tout de suite, mais c’est sûr qu’à plusieurs, on devient invincible. Ce qu’on fait ensemble, touche plus de gens. Sachant que le combat est national, c’est en équipe que l’on devrait se battre.

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Une des performances slam du poète Absoir inscrite au coeur même de l’installation

Qui a proposé le projet à qui ? Et qu’est-ce qui a motivé ce désir ?

SEDA Après mes précédentes expos sur le thème de l’occupation illégale de l’île comorienne de Mayotte (Sous le Silence à l’Alliance Française de Moroni en 2008 et Sous le Silence II à la Galerie Cad’Arts à Moroni en 2010) est né ce projet : Un grand cimetière sous la mer de… Je voulais parler des morts causés par le Visa Balladur, en accompagnant cette fois-ci les peintures d’une performance slam et d’installation vidéo. J’ai donc invité Absoir, slameur comorien, qui travaille déjà sur le même sujet. Il se trouve qu’il y a actuellement plusieurs slameurs sur la place de Moroni, mais le choix d’Absoir est motivé par le fait qu’il est le seul slameur à ma connaissance, s’engageant ouvertement sur le thème des morts du Visa Balladur aux Comores. Il continue surtout à s’exprimer malgré la censure subie de la part des représentants de la politique française aux Comores, qui essayent par tout les moyens de réduire les artistes au silence dans l’archipel.

ABSOIR La question des morts du visa Balladur me tient à cœur. J’ai donc tout de suite accepté la proposition de Seda, lorsqu’il est venu me voir. Aborder cette question à deux est sûrement mieux. J’étais et je suis convaincu que ce travail poussera d’autres artistes à prendre position comme cela a déjà été le cas par le passé, et tous les Comoriens comprendront  que si nous nous unissons, nous serons toujours plus fort. C’est une manière pour nous de faire évoluer le débat.

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Détail d’une miniature exposée lors de cette installation au Muzdlaifa House

Concrètement, le travail s’est déroulé comment, entre vous deux, au quotidien?

SEDA Avant même de faire la proposition à Absoir, j’ai commencé à produire une série de peintures sur la question. Après les cinq premières toiles réalisées, je l’ai amené à mon atelier, lui ai exposé le début de mon travail et lui ai parlé du projet d’installation que j’envisageais. Il a tout suite embrassé l’idée et je l’ai invité à suivre mon processus de création en atelier, afin de s’en nourrir. Il s’en est inspiré pour écrire ses slams. Il s’agit de trois textes, traitant du thème des morts du Visa Balladur, à partir de mon univers de plasticien. Après les visites en atelier, Absoir  me ramenait les draft de ses textes, me les lisait, et on échangeait dessus, au fur et à mesure de nos rencontres, chacun essayant d’avancer au mieux, dans ses propositions. Une fois les textes finis, je les ai soumises à Chamanga, linguiste comorien, pour une correction des parties en langue shikomori. Puis, la suite a pris corps.

ABSOIR A la base, Seda est un des artistes comoriens, avec qui je rêvais de travailler. Mais pour être honnête, je n’avais aucune idée de ce que l’on pouvait faire ensemble. Quand il  m’a dit comment le projet se déroulerait, j’ai tout de suite senti que ça sera une belle expérience. Seda est un artiste qui motive, qui n’attend pas qu’on fasse les choses à sa place, du coup j’ai beaucoup appris, à ses côtés. Je traitais mes textes à la maison, je les lui est ramenais, et on corrigeait ensemble, le fond et la forme, en établissant un rapport avec les œuvres qu’il créait. Et puisqu’on exposait au Muzdalifa House, il me semblait que tout devait être bien carré, bien orchestré. Je retravaillais mes textes, sans cesse. Je crois que le résultat est satisfaisant.

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Mur de dessins réalisé par les enfants suite à un atelier dirigé par Seda

Cette rencontre a-t-elle changé votre vision artistique, dans l’immédiat ?

SEDA Je n’aurais jamais cru que j’éprouverais le besoin de me justifier un jour. Sur l’influence possible de mon travail artistique, chez d’autres jeunes artistes comoriens, en rapport avec l’histoire politique de notre pays. Je suis surpris d’entendre dire qu’un certain nombre d’artistes comoriens pensent que je représente un danger pour l’avenir de l’art aux Comores. Entendre dire que je suis l’un de ces artistes dangereux qu’il est indispensable d’écraser complètement pour éviter que d’autres ne prennent exemple sur lui me fait tomber de haut. D’une certaine manière, cette collaboration m’a permis de répondre à ce questionnement. Absoir a sa propre vision du débat sur Mayotte. Nous n’avons fait que mettre nos points de vue ensemble. Sans doute qu’en unissant notre travail, nous avons rendu nos interrogations plus fortes, plus à même d’interpeller. Les morts du Visa Balladur sont une cause commune, au caractère possiblement universel. Notre point de vue s’affirme, de façon humaniste. Nous parlons de la vie et de la mort, ne l’oublions pas. Par ailleurs, cette expérience nous prouve qu’il est encore possible de construire des endroits de coexistence intellectuelle, dans un milieu artistique comorien devenu instable, faute de moyens, et à travers lequel beaucoup de  créateurs pensent pouvoir s’en sortir seuls, en développant un jeu d’égo mal placés, incapables qu’ils sont d’amorcer des collaborations communes.

ABSOIR Disons que j’avais une vision assez limitée de l’art. Je ne pensais pas que le lam et la peinture pouvaient aller ensemble. Ce qu’on a fait, Seda et moi, m’a fait grandir, et chacun a puisé de la force dans le travail de l’autre. J’ai surtout appris que l’on doit se battre au quotidien, si on veut être un artiste digne de ce nom. J’ai dû écrire spécialement pour ce projet. Je ne suis pas venu slamer avec mes anciens textes. Une chose qui m’a aussi impressionné, c’est le fait que nous avons poussé de nombreux artistes à prendre position sur la question. Aucun d’entre eux n’est resté indifferent. Chacun a certes sa façon d’aborder le problème, mais on est d’accord sur l’essentiel, au final. L’expérience, en cela, a été très riche.

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Lors de la soirée dédiée aux échanges avec les autres artistes et auteurs comoriens 

Un bémol ?

ABSOIR Les artistes comoriens sont évidemment contre l’occupation illégale de Mayotte par la France et contre les conséquences qui en découlent. Malheureusement, ils n’abordent jamais la question, directement. Pour être honnête, certains ont peur de parler. Ils pensent qu’on leur refuserait un visa pour l’Hexagone. D’autres ont peur d’être interdit à l’Alliance française, comme s’ils ne pouvaient pas être artistes autrement.

SEDA Malheureusement ! Pour beaucoup d’artistes comoriens, on ne peut rien faire sans l’appui de la Mission française d’action culturelle ou sans une subvention de l’Alliance Française de Moroni. Beaucoup de nos créateurs pensent que ce sont les seules instances susceptibles d’accompagner des propositions contemporaines dans le pays. Je ne reçois aucun soutien de la part de ces instances présentes à Moroni. Pourtant, mon travail évolue avec une certaine logique, la liberté de ton en plus. Malgré tout, il y a des artistes qui s’obligent à « prostituer » leur travail, qui sont dans le désir de plaire à l’Ambassade de France aux Comores ou aux dirigeants de l’Etat comorien, parce qu’ils espèrent des facilités ou des « facilitations » de la part de ces autorités, que ce soit sur un plan financier ou pour obtenir des visas d’entrée en France, souvent au détriment de l’évolution de leur art. Ces choses arrivent assez souvent dans le milieu artistique comorien. Beaucoup d’artistes espèrent un visa pour s’expatrier en France par exemple  et y rester. Alors, ils ferment leurs gueules sur certaines questions embarrassantes. Pourquoi veulent-ils tous aller en France et le vivent-ils comme une consécration ? Je ne sais pas. Mais j’en connais beaucoup, dans ma génération, qui rêvent d’un tel cheminement ou qui abandonnent leur réflexion d’artiste pour se vendre au plus offrant, afin de pouvoir s’expatrier. Cela explique le nombre d’artistes comoriens que ces questionnements d’ordre citoyen embarrassent dans leurs propositions.

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Echanges avec des jeunes scolaires

SEDA La vraie question, c’est qui ne voudrait pas d’un visa pour la France? Qui ne voudrait pas aller s’installer en France ? Beaucoup de Comoriens ne voient leur avenir que dans le fait de se rendre en France. Parler des morts du Visa Balladur reste donc un tabou. Car cela peut choquer la politique française à Moroni. En parler peut générer un refus du visa par le consulat. Les autorités politiques comoriennes n’évoquent pas cette question, les gouvernements comoriens sont en mode silence radio sur le sujet, le gouvernement Sambi a montré l’exemple le plus flagrant de nos jours, en acceptant que la France de Mayotte extrade des personnes sans identité comorienne sur son territoire, après avoir adopté la position inverse. Il a notamment changé d’avis, quand les autorités françaises ont menacé de refuser le visa aux Comoriens se rendant en France. Le président Sambi s’est vu opposer un refus à son entrée sur l’île de la Réunion, à l’époque. Par contre, les politiciens comoriens, au pouvoir et dans l’opposition, ainsi que les médias, parlent beaucoup des morts, suite aux crashs d’avions, aux naufrages de bateau, aux accidents de voiture… Cela ne dérange personne, encore moins la politique d’occupation française aux Comores. On a vu nos politiciens se ruer dans les cérémonies funèbres, que ce soit lors des funérailles des victimes du Yemenia ou du Samson, pour ne citer que cela. Un monument financé par la coopération française à Moroni, avec la bénédiction des dirigeants comoriens, est érigé à la mémoire des Français d’origine comorienne, victimes du crash Yemenia, sans doute parce que la diaspora comorienne en France influe beaucoup sur les choix de vote de nos compatriotes. Les victimes du Visa Balladur n’apportent rien à nos politiciens, et peut-être rien à nos médias, qui, eux aussi, espèrent beaucoup de la diaspora comorienne en France. C’est peut-être la raison pour laquelle les Comoriens, dans leur ensemble, donnent l’impression de se désintéresser du sujet.

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Une intervention du slameur Absoir pendant l’installation

ABSOIR J’ai l’impression, en effet, que les victimes du crash interpellent plus que les morts en kwasa, parce que les Comoriens de la diaspora en France rapportent plus. Tout le monde est d’accord sur le fait que nous vivons actuellement grâce à l’argent de cette diaspora. L’impression que c’est cette manne d’argent potentielle qui impose ces morts dans l’opinion. Celles du Visa Balladur ne bénéficient pas d’un tel crédit.

Comment votre proposition a-t-elle été accueillie par le public ?

ABSOIR Les médias ont bien parlé de l’exposition, non pas pour nous faire plaisir, mais parce qu’ils se sont rendus compte que ce travail n’avait jamais été fait auparavant. Ça leur a paru important d’en parler. Quant aux réactions  du public, elles ont été positives. Nous pensons que le message a été bien reçu et qu’à la longue d’autres artistes peuvent, comme on l’a fait, s’unir et avancer dans ce combat citoyen.

Vous parlez du principe d’unité dans l’archipel, comme s’il s’agissait d’une nécessité absolue…

SEDA Elle est nécessaire, dans la mesure où elle peut contribuer à élargir le champ d’expression et d’engagement sur cette question des morts du Visa Balladur. Sans cela, l’occupant gagnera du terrain et pourra nous manipuler, en nous montant les un contre les autres. Ce qui se fait au détriment du combat citoyen que nous menons. Il ne faut pas encourager à la division sur cette question.

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Lecture d’un slam écrit par la jeune Soilhat suite à un atelier dirigé par Absoir

ABSOIR L’unité comorienne est « malade », les gens sont dans l’hypocrisie totale, et personne ne croit plus en quoi que ce soit. Pour remplir leurs poches, il y en a qui serait prêt à vendre leur pays. D’ailleurs, ce sont certains de nos dirigeants qui nous divisent et qui font semblant de prôner l’unité. Mais je pense que le grand problème vient du le peuple, qui sait qu’on se fout de sa gueule, mais qui feint de ne pas comprendre, pour satisfaire à tel ou tel intérêt personnel.

Vous dites que ce travail n’avait jamais été fait auparavant…

SEDA Peut être que la phrase est mal formulée, mais je pense que  notre façon d’aborder la question, ensemble, et la proposition d’installation en elle-même, interpellent en ce sens. A ma connaissance, dans le milieu de l’art aux Comores, il n’y a jamais eu une telle proposition, auparavant. Je ne connais pas de plasticien comorien ayant cherché par exemple à associer un slameur à sa création, sur une problématique à caractère citoyen comme celui du Visa Balladur.

ABSOIR D’habitude, les artistes comoriens ne se mélangent  pas beaucoup. Certes, il y en a qui se rencontrent dans la musique, mais seulement quand l’un joue pour l’autre. Contrairement à ce projet, où nous avons essayé de  rallier deux visions d’artistes pour parvenir à pousser le même cri. A lui seul, Seda pouvait porter cette problématique, mais en unissant nos forces, on s’est senti moins fragile, plus à même d’être entendu.

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Seda expliquant la logique du projet aux femmes du quartier Sanfili

SEDA Nous avions sollicité tous les publics. Il y a eu des scolaires, nous avons sollicité trois collèges de Moroni. Les élèves ont été à la fois public et acteur de l’événement, grâce à un travail d’atelier mené avec eux. Leurs parents sont venus les voir, partager notre travail. Il y a eu un public d’universitaires, de journalistes, de professeurs, d’artistes, d’habitants du quartier Sanfili à Moroni, de citoyens, tout simplement. Nous avons mélangé la performance, l’installation à la réflexion citoyenne, en impliquant le public, notamment par le biais des prières aux morts. Les Comores sont un pays musulman, ne l’oublions pas. Nous avons usé de toutes les possibilités pour que l’événement prenne pleinement sens dans le contexte de vie, qui est le nôtre.

ABSOIR Initialement, nous ne misions pas sur un public précis. On a voulu interpeler différentes couches de la société. Pendant une semaine, on a  invité différentes personnes,tous les jours pour visiter et discuter de la proposition. On a tenu compte de leurs réactions sur la question de l’occupation de Mayotte en général et des naufragés en particulier.

Propos recueillis par MH

« Pas une journée ne se passe sans que l’on soit témoin d’un incident macabre, suite à l’instauration du visa Balladur aux Comores. Plus de 18.000 personnes ont perdu la vie dans la traversée des 70 km reliant Anjouan à Mayotte. Ce bras de mer est devenu le plus grand cimetière marin du monde » confiait Seda, dont le travail programmé en avant-première au Muzdlifa House a été ensuite présenté à Is’Art Galerie à Antananarivo (Madagascar) du 25 novembre au 14 décembre 2011. Un grand cimetière sous la mer de… est l’un des rares projets (à caractère pluridisciplinaire) interrogeant la situation des morts du Visa Balladur dans les eaux comoriennes. Il a reçu le soutien entre autres du Comité Maore, qui milite pour la réintégration de  la quatrième île de l’archipel, encore sous tutelle française, en dépit d’une vingtaine de résolutions des Nations Unies.