SHUNGU Un festin de…

Avant-propos extrait de SHUNGU Un festin de letttres, ouvrage rassemblant huit auteurs francophones, réalisé à la suite d’une soirée des manifestes francophones, orchestrée par Marcelle Dubois et ses amis, lors de la 30ème édition du festival des Francophonies en Limousin. Un projet qui a fait du chemin depuis lors, en passant notamment par Montréal. Pour cette fois-ci, il réapparaît aux éditions Komedit à Moroni sous la forme d’un recueil collectif, dans le cadre des Cahiers du Muzdalifa House, en connexion directe avec le Québec, la Suisse, Madagascar et le Congo.

« Shungu. Nom pouvant compter triple. Un mot signifiant l’utopie du cercle. Concept fédérant des individualités créatrices pour un vivre-ensemble, sur un mode inédit. Inspiré d’une tradition comorienne, où la renaissance du groupe se fonde sur les étrangetés humaines, d’où qu’elles viennent, d’où qu’elles soient, avec l’ambition de réinventer un espace de vie, commun à tous. Ceux qui s’engagent dans le shungu, construisent un imaginaire fait de partage, à l’horizontale. Une manière d’échanges autour d’un récit à tisser, à plusieurs. Avec une obligation de réciprocité. Car chacun donne au shungu à part égale1, et rend, selon des codes bien établis, ce que les autres lui ont donné à leur tour, afin de sceller le pacte du groupe.

Le shungu des huit.

Il y est question d’engagement, mais pas seulement. Le shungu répond à la volonté d’appartenir à une même fratrie. Et dans le cas de ce shungu littéraire, il faut partir de l’idée que des auteurs, issus de divers coins de cette planète, se sont retrouvés à Limoges, un soir, à l’occasion de la 30ème édition des Francophonies en Limousin, et se sont signalés par un manifeste rempli d’open notes. Certains d’entre eux émirent la possibilité de prolonger l’instant par de nouveaux rendez-vous à imaginer dans le temps. Celui-ci en fait partie. Un shungu littéraire pour huit auteurs, en provenance de la Suisse, du Québec, de Madagascar, du Congo et des Comores. Un festin de mots pour un banquet de poètes francophones. Shungu est un mot voulant aussi dire le cratère qui fume en langue shikomori. Celui d’où s’échappent les fragments de terre volcanique, à l’origine de pays-monde comme le mien. Celui d’où renaissent ces imaginaires en partage, que l’on situe à la source des nouveaux rizhomes… »

Soeuf Elbadawi, Les Cahiers du Muzdalifa House, Moroni.

SHUNGU Un festin de lettres, Komedit, 2014.

Huit auteurs sont partie prenante de cette aventure : Julie Gilbert, Marie Fourquet, Marcelle Dubois, Marc-Antoine Cyr, Raharimanana, Bibish Marie-Louise Mumbu, Papy Maurice Mbwiti et Soeuf Elbadawi. Chaque auteur offrait quatre textes à ce shungu. Le récit d’une scène de vie prise dans votre réel à vous, un poème sur ce que vous inspire ce monde, un billet d’humeur et une pensée libre, ainsi que deux photos. Un portrait et une image venant de l’endroit d’où l’on cause…